Barbara Streisand aime les Mikado

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Étagère Mikado, nouvel épisode.

Depuis la mise en demeure amiable du créateur qui a valu aux internautes le retrait de mon article et ma réponse, je n’ai jamais reçu autant de demandes pour retrouver la copie de mon article.

Et les internautes vont loin… Certains vont jusqu’à analyser le Whois (et contacter la société qui a réservé le nom de domaine), d’autres essaient via mon compte Flickr ou encore sur Twitter
Je ne compte plus les commentaires (non validés pour des raisons évidentes) et emails de soutien reçus…

C’est donc ce que l’on appelle "l’effet Streisand" : à vouloir censurer une information parfois peu diffusée, la communication autour de celle-ci se retrouve décuplée au grand désespoir des censeurs…

Et du coup, plus j’en parle sur ce site, plus je continue d’accaparer les premières places de référencement naturel de l’étagère Mikado

Merci aux soutiens, l’article ne reviendra pas pour autant mais… il y a toujours moyen de l’obtenir…

Mikado : dans quel état j’erre…

mikado-fabrication

Il y a tout juste un an je publiais un billet sur la réalisation personnelle d’une étagère directement copiée / inspirée de l’étagère Mikado dessinée par Jean-François Bellemère et vendue dans toutes les bonnes boutiques de "produits design".

Mes motivations étaient clairement indiquées : j’aime le concept, mais le modèle du commerce ne rentre pas chez moi donc, mon côté bricoleur reprenant le dessus, je décidais de la recréer à mes dimensions.
Quelques jours de recherche et de calcul, quelques semaines d’assemblage et… je décidais de partager mon expérience sur ce blog.

Par respect pour le designer et son commerce, mon billet donnait largement les adresses où acheter le produit original (une dizaine de liens), citait l’auteur et son entreprise et ne faisait que s’attacher à décrire les défis qui s’étaient imposés à moi lors de cette "re-conception".
Aucune cote précise, aucun plan détaillé, juste la méthodologie d’un bricoleur.

Un an jour pour jour après la publication je reçois un commentaire du créateur m’enjoignant de le contacter au sujet de mon billet. Chose faite immédiatement. Évidemment, le discours a consisté à me le faire retirer. Ce que j’entends et comprends. Je me suis d’ailleurs exécuté, mais pas complètement vue la tournure des discussions (qui m’ont même valu un appel sur mon mobile dudit créateur !).

On reproche à mon billet de "nuire à sa société". Pourquoi ? Parce que celui-ci est trop bien référencé (deuxième ligne de la première page de résultats Google). Ah. Et surtout parce que j’ai eu l’outrecuidance de valider des commentaires qui osent dire que le prix de la création paraît surévalué. Bon. À côté de ça j’ai fait en sorte de ne pas répondre aux demandes de plan et de me limiter aux questions techniques basiques (application de laque, type de vis, etc) pour justement ne pas pencher vers le "plutôt que d’acheter, faites-le vous même et voici comment" !

En fin de discussion, je me permets de lui signaler que je ne suis pas le premier à avoir fait un tel article (j’en avais trouvé des plus détaillés) ni le dernier (on a copié le mien sans mon aval, que je n’aurais pas donné par respect pour…) et que je suis pas responsable des avis laissés par les internautes (validés par mes soins car non diffamatoires ni dégradants).

La réponse est claire : "je m’en fiche des autres. Mon problème c’est vous, vous êtes trop visible."

En même temps ce n’est pas ma faute si vous êtes incapable de rendre votre produit visible sur le net !

Ironie : j’ai même proposé de supprimer le billet des moteurs de recherche et de faire pointer mon lien vers le site de la marque en demandant, en échange de pouvoir laisser le billet en ligne mais uniquement trouvable en fouillant dans mon site. Autant dire que j’aurais réduit ma visibilité à zéro en offrant un super positionnement à mon détracteur… Refusé.

L’étagère Mikado, fabrication maison

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Au hasard de mes visites hebdomadaires sur Made in Design, j’ai découvert l’étagère Mikado, dessinée par le designer Jean-François Bellemère pour Compagnie.
Séduit par le concept aérien de la bibliothèque plus destinée à habiller un mur qu’à héberger une collection d’encycoplédies, j’ai immédiatement été arrêté par le tarif ! De 720 à 840 euros.

A force de repasser devant à chaque achat de produits Eva Solo ou Koziol sur le site, le bricoleur que je suis s’est intéressé de plus près au produit qui, de toute façon, en l’état ne trouverait pas sa place chez moi compte tenu des dimensions (200x215cm).

MàJ : à la demande du créateur de ladite étagère, l’explication de ma copie personnelle réalisation a été retirée du site.

MàJ 2: l’article est de retour sur la construction de mon étagère Mikado, suite à ça.

L’étagère Mikado, fabrication maison – article original

mikado

Au hasard de mes visites hebdomadaires sur Made in Design, j’ai découvert l’étagère Mikado, dessinée par le designer Jean-François Bellemère pour Compagnie.
Séduit par le concept aérien de la bibliothèque plus destinée à habiller un mur qu’à héberger une collection d’encycoplédies, j’ai immédiatement été arrêté par le tarif ! De 720 à 840 euros.

A force de repasser devant à chaque achat de produits Eva Solo ou Koziol sur le site, le bricoleur que je suis s’est intéressé de plus près au produit qui, de toute façon, en l’état ne trouverait pas sa place chez moi compte tenu des dimensions (200x215cm).

Un bon plan

Première étape : trouver des photos correctes pour estimer les dimensions et collecter le maximum d’informations sur le produit. La recherche n’aura pas été très longue ni fastidieuse, le site du fabricant fournissant un catalogue (au format PDF) où sont regroupées les cotes, le schéma et les détails sur les pièces composant l’étagère.
L’étagère Mikado est constituée (pour le grand modèle) de 10 montants carrés de section 30×30 mm (en métal laqué ou bois suivant le modèle) assemblés par des vis “invisibles”, le tout reposant sur des entretoises de 4 ou 12 cm pour accrocher l’étagère au mur.

Une copie d’écran du PDF agrandie et placée en calque de fond sur Illustrator m’offre une bonne base pour redessiner un plan correct. A partir de ce plan et des cotes du produit fini, j’ajoute une échelle qui me permet de déterminer les dimensions approximatives des montants ainsi que la position des perçages d’assemblage.

Soit : 3 montants de 2220mm, 2 montants de 1800mm, 3 montants de 1500mm et 2 montants de 1000mm.

A ce stade, j’ai de quoi aller faire les courses pour reproduire le modèle chez moi mais je n’ai pas résolu mon problème de place ! Du coup, je reprends mon fichier Illustrator. Je réduis, je déplace, je réorganise jusqu’à obtenir une étagère qui logerait idéalement dans mon salon. Je n’ai pas fait une bête mise à l’échelle, j’en ai profité pour replacer certains tracés et avoir une version unique d’un modèle déjà original.

Je me suis même payé le luxe de faire une simulation « 3D » sous Photoshop !

Liste de courses

Que faut-il pour fabriquer l’étagère ?

  • 10 tasseaux (ou du moins de quoi découper les 10 longueurs)
  • des supports (entretoises)
  • une poignée de vis pour l’assemblage
  • le revêtement (au choix : peinture, laque ou cire)

Sans oublier les quelques outils de base : scie à onglet, papier de verre, perceuse, tournevis et mètre ruban.

De quel bois je me chauffe ?

Comme le catalogue l’indique, les montants sont de section carrée de 30×30 mm soit des cotes somme toute standard sur le marché. En grande surface de bricolage on trouve aisément des bottes de tasseaux en sapin à ces dimensions mais j’ai une crainte sur la flexibilité du bois comparée aux montants en hêtre vantés par le fabricant.
En reprenant mon plan et le dimensionnement résultant, il apparaît que la portée maximale est de 60cm. Un petit tour dans mon atelier, j’attrape un tasseau de 27x27mm que je pose sur deux supports en laissant 80cm dans le vide. En montant dessus, cela bouge à peine. De toute façon l’étagère n’a pas vocation à accueillir la dernière édition papier de l’Encyclopedia Universalis, le sapin ira bien.

Le sapin est un matériau bon marché et facile à trouver, mais il aura fallu vider le rayon et regarder chaque tasseau de bois un à un pour retenir les bons candidats : pas de noeuds, pas vrillés, pas de coups, un aspect de surface pas trop brut, etc. A la caisse, la facture est de 12 euros.

Entretoise et moi

Cet élément essentiel à la tenue de l’ensemble est longtemps resté la grande inconnue. Quasi invisible sur les photos de présentation, je n’arrivais pas à comprendre comment l’étagère pouvait être suspendue dans le vide, simplement accrochée au mur. Aujourd’hui encore je reste sceptique de l’installation “en lévitation” vue sur les photos et suis plus rassuré d’avoir mon étagère avec ses 4 pieds sur terre.

Bref, le catalogue nous renseigne à peine plus avec les dimensions et un aperçu du bout de métal sur le schéma. Dans l’atelier, j’ai des “lames” d’aluminium (20x2mm) qui traînent et qui une fois coupées et pliées feront bien l’affaire… ou pas.
Coût : 2 euros la “lame” d’1 mètre.

La finition

Vendue en 8 couleurs laquées et en finition “bois naturel”, tout est prévu pour que chacun trouve la teinte qui finira la décoration.
Chez moi ce sera rouge. C’est, avec le orange, ma couleur de prédilection et la couleur de soulignement que l’on retrouve dans toutes les pièces (cordon des Mega Bulb et robot ménager dans la cuisine, tapis dans la salle de bains, etc).

Les tasseaux de sapin, c’est pas cher, mais par contre, l’aspect de surface brut laisse à désirer même en sélectionnant bien les bouts de bois. Il y aura un sérieux ponçage à prévoir et un peu de pâte à bois à ajouter pour combler certains noeuds avant la mise en peinture.
Souhaitant un rendu le plus lisse possible, je me suis arrêté sur la laque Valentine “Ultra Résist’”, coloris “Rouge Madras”.

Coût : 18 euros le pot de 0,5 L

Atelier fabrication

Des coupes

L’étape de départ consiste à couper les montants aux dimensions retenues. Le sapin ayant la fâcheuse tendance d’accrocher avec une lame de scie à bois, la meilleure solution pour éviter les extrémités mal finies est de couper les tasseaux à la scie à métaux. Une boîte à onglet et une cale martyr finiront d’assurer que la découpe soit réussie.

Pose à blanc

Avant d’aller plus loin, je réalise un premier assemblage à plat pour voir si mes cotes et les points d’assemblage théoriques conviennent. Dans les faits, je vais pas mal retoucher les positions définies sur le Mac et il me faudra donc noter à nouveau les nouvelles cotes marquées au crayon que le ponçage (ou la peinture) ne manquera pas d’effacer.

Pierre ponce

La galère commence. Un premier ponçage à 600 pour dégrossir. Un petit peu de pâte à bois dans les imperfections et second ponçage. C’est “marrant”, sur la plupart des tasseaux deux faces sont très rugueuses et difficiles à rattraper. Après 4 bons passages je me dis que la laque finira de lisser ces faces que je n’arrive pas à poncer aussi bien que les autres.
Attention lors du ponçage à arrondir les arêtes sans forcer et de manière uniforme. L’excès de “rabotage” est vite arrivé et impossible à corriger !

C’est malin, les faces qui nécessitent le moins de ponçage sont celles sur lesquelles j’ai fait mes marques de crayon… bien visibles.

À la laque

Comme souvent, la peinture est ma galère. Et celle-là en est une sacrée !
Comment peindre quatre faces d’un tasseau que je ne peux donc pas poser mais qui sècherait tellement mieux à plat ?

Les 4 montants verticaux devant être percés de part en part pour l’assemblage, j’insère des vis longues (180mm) dans les perçages qui, bloquées par des serre-joints sur l’e plan de t’établi suffisent à maintenir tant bien que mal le tasseau à peindre. Mais une fois peints ? Des ficelles accrochées aux poutres et aux vis ! Heureusement que j’ai 4 mètres sous plafond dans l’atelier !

Et pour les autres ? Une découpe en chevrons dans un carton m’a permis de présenter deux faces de chaque tasseau pour être laquées d’une traite.

Reste qu’avec deux couches au minimum, 24H de séchage avant le second passage et un emploi du temps chargé, la peinture m’aura coûté quelques semaines… Sans compter les ponçages intermédiaires, les quelques coulures laissées par un homme pressé qu’il a fallu rattraper.

Cependant la laque Valentine est d’excellente qualité : elle se lisse toute seule offrant un très bel aspect de surface et couvre sans mal mes traits de crayons dès la première couche.

Fabrication des entretoises

Les dimensions des entretoises livrées avec l’étagère Mikado me chagrinaient un peu : 4 cm trop court pour poser autre chose que des CD ou DVD et 12 cm bien trop long pour stocker plus que de grands livres (format BD minimum).

Du coup, j’ai choisi de tailler les lames d’aluminium pour avoir un écartement d’une dizaine de centimètres par rapport au mur. Coupées à 14 cm et pliées à l’étau à 2 cm de chaque extrémité, un perçage à la mèche métal suffit pour les visser sur les montants et au mur.

Montage final

Une fois les montants laqués et les entretoises coupées, il ne reste plus qu’à réaliser l’assemblage final. Je réalise un dernier montage à blanc sur la base des cotes relevées puis je marque les montants de devant pour réaliser un pré-perçage léger qui évitera que la vis ne fasse éclater le bois. Cet excès de précaution ne coûte pas beaucoup de temps mais assure un assemblage sans défaut.

Une fois tous les montants vissés (sans oublier de placer les entretoises aux points stratégiques), l’étagère est terminée, il ne reste plus qu’à la poser contre le mur et marquer les perçages à réaliser. Avec 5 points d’accroche au mur et l’étagère posée au sol, l’ensemble est parfaitement stable et ne bouge absolument pas.

Conclusion

Une fois en place l’étagère apporte un vrai plus décoratif (pour peu qu’on en apprécie le style) tout en étant bien conscient que ce n’est pas une bibliothèque faite pour être chargée. Agrémentée de bibelots, disques et livres, elle ne manque pas d’étonner et de faire des envieux.

En termes de coût, sans compter le temps passé, la facture s’élève à une petite quarantaine d’euros, hors outillage et un gros bidon d’huile de coude.

Un remerciement tout spécial à JF pour son aide ponctuelle et son soutien permanent !

Hier, Made in Design fêtait les 10 ans de ladite étagère, l’occasion de la revoir dans leur catalogue !