Ulysses et l’odyssée iCloud

Depuis l’arrivée d’iOS 8 et Yosemite accompagnés d’iCloud Drive Apple a silencieusement amélioré la situation (la synchronisation est plus rapide, les erreurs de réplication sont plus rares) mais il reste quelques situations agaçantes qui ne trouvent pas de solution pratique.

Un peu à la manière de Jean-Christophe qui galère depuis des mois avec ses raccourcis, j’ai eu la mauvaise surprise de voir le nouvel Ulysses arrivé sur mon iPad refuser catégoriquement de communiquer avec son grand frère sur le Mac.

J’ai eu beau supprimer la dernière arrivée de l’iPad, redémarrer la tablette, réinstaller et vérifier tous mes paramétrages de synchronisation, rien n’y faisait. Aussi réactifs et compétent soient-ils, les développeurs d’Ulysses n’ont pas été en mesure de me proposer d’autres solutions que celles que j’avais déjà envisagées.

En lançant Ulysses pour iPad, j’ai ça :

ulysses-ipad

Et je retrouve ceci dans Ulysses sur le Mac :

ulysses-mac

iCloud Drive en phase Terminal

J’ai fini par chercher un peu et plonger dans le Terminal pour trouver où étaient stockés les fichiers (invisibles) d’Ulysses qui pourraient être en cause.

Première victoire : les fichiers sont bien planqués dans un dossier au nom abscon mais identique pour tous les possesseurs de l’application.

Après avoir lancé Terminal, rendez-vous dans le dossier « Mobile Documents » de la « Bibliothèque » de l’utilisateur.

cd ~/Library/Mobile\ Documents

icloud-drive-terminal

En tapant la commande « ls -l » vous listerez tous les fichiers et retrouverez à la fois les dossiers visibles d’iCloud Drive et les dossiers cachés dont celui qui conserve les documents Ulysses sous le nom « X5AZV975AG~com~soulmen~ulysses3″.

content-ulysses-terminal

Naviguer à la main est bien inutile ce ne sont que des références pas bien parlantes.

J’ai fait une sauvegarde (dans une archive au format zip) de ce dossier avec la commande suivante :

zip -r ~/Desktop/SauvegardeUlysses3.zip X5AZV975AG~com~soulmen~ulysses3/

Puis j’ai fait une bête suppression du fameux dossier. En rouvrant Ulysses : plus rien.

J’ai redémarré les appareils (Mac et iPad), supprimé les applications et les ai réinstallées à partir des App Stores dédiés.

J’ai rétabli ma sauvegarde sur le Mac, toujours via le Terminal, et j’ai attendu quelques minutes pour laisser le temps à iCloud de faire son travail de mise à jour.

Ulysses relancé sur le Mac m’affiche bien tous mes textes. Ouf ! Ouvert sur l’iPad, je retrouve instantanément tous mes documents synchronisés !

Victoire !

Par acquis de conscience j’ai cherché si je ne trouvais pas de trace ces fameux raccourcis qui font perdre des cheveux à ce cher Jean-Christophe, mais sans succès… Il va devoir encore compter sur une future mise à jour des OS d’Apple… S’il ne l’a pas une nouvelle fois dans l’os !

Le prix de l’honnêteté

Mardi 16h je monte dans le métro pour passer d’un client à un autre. À moitié plongé dans ma lecture, je vois monter 3 jeunes filles.
Mon regard est attiré par leurs mains baladeuses qui cherchent l’entrée du sac à main de touristes asiatiques. Cela n’a pas échappé à mon voisin de strapontin qui, alliant le geste à la parole, tire le signal d’alarme en leur intimant de remettre leurs mains dans leurs propres poches.

Le métro s’arrête en ayant à peine quitté la station pendant que tous les regards se tournent vers le trio malfaisant.

Dix minutes, il aura fallu DIX minutes pour que le conducteur de la rame arrive jusqu’à nous pour s’enquérir de ce qui valait cette alerte. Ne faites pas un arrêt cardiaque car ce délai est bien trop long pour que vous en réchappiez !

Étonné que son train-train ait été stoppé pour « juste ça », il demande aux voyageurs ce que l’on attend de lui. Je me surprends à répondre en chœur avec deux autres messieurs (dont le lanceur d’alerte) qu’il faudrait prévenir la police.

Grommelant, le chauffeur s’en retourne dans sa cabine non sans en avoir référé à sa hiérarchie par radio qui n’a rien trouvé de mieux que de râler car cela perturbait le trafic pour rien.

Tu m’étonnes, si on considère que l’action des pick-pockets ne vaut pas qu’on s’arrête, ce ne sont pas les messages enregistrés qui y feront quelque chose.

Le métro reprend sa marche jusqu’à la prochaine station pendant que les voleuses en herbe nous insultent. Là et las, le conducteur vient nous dire que si nous voulons toujours « jouer les héros » il nous faut escorter notre proie sur le quai en attendant la police, accompagnés des touristes ciblés.
Faisant donc une croix sur mon rendez-vous, nous maintenons le bloc autour de la fille aux mains baladeuse, laissant malheureusement échapper ses complices… Tant pis, la chance tournera pour elles un autre jour.

20 longues minutes d’attente et la « GPSR » (service de sécurité de la RATP) nous rejoint, insistant sur notre volonté de « justiciers en costume » d’être témoins et vérifiant que les touristes acceptent de perdre encore du temps pour porter plainte. Personne ne se démonte. Et c’est déjà un point encourageant, il existe encore des citoyens qui ne font pas que regarder !

20 minutes de plus et la police arrive. Rodée à l’exercice, mais aussi étonnée et ravie que des voyageurs se soient interposés et souhaitent aller « jusqu’au bout », la petite équipe prend le relais de la RATP et enregistre la plainte des touristes sur place.

Nous, les témoins, on nous demande si nous voulons bien appuyer la procédure « pour qu’elle soit efficace » en témoignant devant l’OPJ de la Gare de Lyon.

Chouette, nous retraversons Paris en métro, en compagnie de l’équipe de policiers et de la jeune fille, menottes au poignet.

Ça commence à faire long, et court à la fois car la troupe doit se présenter dans l’heure à l’OPJ faute de quoi l’interpellation sera caduque… Ah ça c’est cool, si les forces de l’ordre ne sont pas assez promptes à réagir, tout tombé à l’eau.

Arrivés au poste, la prévenue est prise en charge pendant que nous attendons dans des locaux dans un état tel qu’on donnerait bien une médaille aux policiers pour supporter ça en plus de leur boulot. Voyant l’heure tourner et l’horaire de mon dernier TGV approcher, je me signale à l’accueil demandant si nous en aurions encore pour longtemps.

Non non. Pas longtemps dans leur langage, ça fera quand même une heure et demie de plus…

Tout ça pour raconter par le menu ce que j’ai vu, confirmer les faits répétés déjà à 3 groupes de personnes différents.

Et puis c’est la fin. Par curiosité, je demande ce qu’il adviendra de la demoiselle au fonctionnaire charger de taper mon témoignage à deux doigts sur un clavier hors d’âge. J’aurais préféré être sourd :

« Elle est mineure, donc là, je pense que les collègues ont déjà dû la libérer »

Pardon ? Je viens de perdre plus de 3 heures, pensant faire mon devoir de citoyen et c’est moi qui aurait été « enfermé » plus longtemps que l’auteur du méfait ? Sanction plus lourde pour les compagnons d’infortune qui n’avaient pas d’urgence TGV à faire valoir et attendaient leur tour dans le couloir à mon départ. Il était 19h45.

La RATP ne me remboursera même pas les billets supplémentaires pour avoir voulu faire régner l’ordre sur leur réseau.

Je m’insurge souvent contre ceux qui baissent les yeux ou enfoncent les écouteurs dans les oreilles (s’ils ne sortent pas le téléphone pour filmer) dans pareille situation, mais pour avoir voulu jouer la carte du citoyen modèle, je sais désormais qu’on ne risque pas de m’y reprendre de sitôt.

Je fermerai mes poches et me concentrerai sur ma lecture, assourdi par ma musique. Rien d’autre tant que la justice ne sera pas qu’un concept flou et frustrant.

Apple Watch, course contre la montre

À la veille de l’annonce officielle de la disponibilité de la première montre connectée d’Apple, les spéculations vont bon train (et pas seulement parce que j’écris cela dans le TGV). Si ce produit paraît être une suite logique des objets connectés développés par la firme de Cupertino, je n’étais au départ pas des plus convaincus mais je commence à changer d’avis.

Remonter le temps

Pour moi les montres sont à la fois des objets de mode et un accessoire qui permet de nous situer dans notre course quotidienne. Je collectionne les « jolies » montres parfois geek (Tissot Touch) et parfois chic (Tag Heuer) que j’assortis avec mon humeur ou ma tenue.
Cependant, une montre que je dois recharger tous les jours (et même toutes les semaines) ne saurait me satisfaire sans avoir d’autres arguments à avancer car j’aime changer quand je veux et être assuré que celle-ci pourra remplir son rôle quand je le souhaite.

Quand on apprécie les belles montres, le seul prix annoncé et demandé pour l’Apple Watch (349$) semble raisonnable et cohérent, mais si l’on regarde sa durée de vie, c’est une autre histoire. L’Apple Watch de demain et ses futures remplaçantes ne seront pas en mesure de durer dans le temps car l’électronique embarquée ne pourra que vieillir trop vite, remisant ce cher bijou dans un tiroir au bout de quelques mises à jour système.
Sauf à proposer une forme « d’abonnement » par lequel cette « fausse joaillerie technologique » soit régulièrement remplacée, le prix que l’on aurait pu considérer raisonnable ne l’est plus du tout, surtout quand on sait qu’un remplacement ne se fera pas sur une base affective mais plutôt « pratique ».

Apple et ses concurrents vont donc créer une nouvelle dépendance technologique autour d’un accessoire historique envisagé sous une nouvelle forme. Sans même parler d’obsolescence programmée dont on accuse régulièrement à tort la marque, c’est l’utilisateur qui se chargera de remiser sa montre devenue obsolète au regard de ses usages et besoins. Ce n’est arrivé à aucune de mes montres jusqu’à maintenant !

Joindre l’utile à l’agréable

La question qui était (et est encore) sur toutes les lèvres au sujet de l’Apple Watch est sa réelle utilité. Depuis les premières montres connectées Samsung et encore plus depuis l’annonce officielle d’Apple, je cherche régulièrement à justifier d’ajouter à mon budget personnel une nouvelle ligne de dépenses « inattendue » et sans aucun doute récurrente.

Nous le savons, l’Apple Watch se limitera (au moins à ses débuts) à n’être que l’écran secondaire de votre iPhone. Présentée comme ça, on se demande forcément quel est alors l’intérêt d’ajouter un bidule de plus pour lequel il faut surveiller la charge s’il n’apporte rien de nouveau.

Première idée, cela évitera à tous ceux qui n’ont plus de montre de sortir leur smartphone de la poche quand on leur demande l’heure. Ça fait cher la montre.
Puis, en passant depuis quelques semaines pas mal de temps hors du bureau, entre TGV, métro, bureaux et salles de formation de clients, j’ai eu un déclic : oui, l’Apple Watch m’évitera de sortir mon iPhone de la poche. Et ça, c’est une bonne nouvelle, catalysée par le fait que je n’arrive pas à apprécier mon iPhone 6.
En effet, si je regarde le nombre de fois où je sors un des mes iPhone de ma poche pour ne rien en faire ou presque, l’Apple Watch s’annonce comme LA solution.

Je me suis amusé à compter grossièrement et distinguer les « sorties » utiles des « bêtes consultations » de mon iPhone. Sur une journée de travail hors du bureau, je constate que dans 80% des cas je réveille mon téléphone uniquement pour lire une notification ou consulter une information basique (calendrier, billet de train, liste de tâches). Sans entrer dans le détail des fonctions de l’Apple Watch ni même connaître les plans des développeurs tiers, les promesses annoncées en septembre devraient être remplies par l’Apple Watch en les associant au geste naturel du poignet.

Au même titre qu’il est infiniment plus pratique et naturel de jeter un œil à sa montre pour consulter l’heure, il en sera de même pour la lecture rapide d’un message, d’un rendez-vous ou de toute information ne nécessitant pas une interaction lourde.
Comme le prévoit le SDK actuel, les « applications » de la montre ne seront qu’une extension déportée de l’application mère. Nous nous sommes tous réjouis de la mise en place (tardive) d’un centre de notifications digne de ce nom dans iOS, alors pourquoi ne pas adhérer au même concept avec l’économie de mouvements liée au déport sur le poignet ?! Peut-être le prix… C’est certain.

Du coup, même si j’ai déjà écrit que la limitation de l’Apple Watch à un écran secondaire devrait sauter dans un futur plus ou moins proche, est-ce vraiment nécessaire ? Quelle interaction peut-on réellement espérer maintenant ou plus tard avec un écran de moins de 42mm de haut ? Sans aller plus loin, les promesses me semblent déjà tenues et justifient de l’utilité de l’objet mais un peu moins son prix…

Transfert d’autonomie

Si l’autonomie de la montre sera sans aucun doute le nuage le plus noir à l’horizon, l’effet paradoxal est que ses fonctionnalités devraient rendre du jus à nos iPhone qui resteront plus longtemps au chaud au fond d’une poche. Et ça c’est une bonne chose !

Il faudra se faire à l’idée que chaque soir la montre devra rejoindre une prise électrique avec l’iPhone et de temps en temps l’iPad. Les fabricants de tables de chevet vont devoir sérieusement commencer à créer des meubles avec prises de recharge intégrées !

One more thing…

Peu convaincu par la montre à son annonce, je me suis mis à m’imaginer son utilité réelle et à me rendre compte qu’Apple avait bon sur une grande partie de la ligne. La montre est un accessoire de mode et la connecter à un smartphone est une suite parfaitement logique si on sait s’en tenir à des fonctionnalités limitées mais efficaces. La montre Apple ne devrait pas être l’usine à gaz démontrée par les premiers modèles lancés par Motorola, LG ou Samsung car on peut faire confiance à Jonathan Ive pour avoir fait encore une fois des choix tranchés à la place des utilisateurs.
Les futures itérations de l’Apple Watch apporteront quelques réponses aux premières critiques, dans le pur esprit d’Apple : « on fait ce qu’on veut et on vous emm… car vous saurez dans quelques temps que nous avions raison depuis le début ». Demandez à Samsung et Microsoft qui, ces dernières années et encore la semaine dernière, ont bien dû reconnaître cet état de fait. Douloureusement qui plus est !

J’aurai une Apple Watch, sans aucun doute. Pour pouvoir juger sur pièce de ces assertions. Et puis parce que je reste un peu geek au fond de moi… Mais le choix est déjà fait, ce sera le modèle de base cette fois car il n’est pas question d’investir lourdement dans un produit dont la destination est un sombre fond de tiroir avec l’arrivée des remplaçantes !

Édition Sport, bracelet silicone vert. Pour contraster avec ma Tissot Touch au bracelet silicone orange.

À la SNCF la fidélité a un prix

Dans la série je râle (à juste titre !) contre la SNCF, après m’être fait jeter une énième fois pour obtenir un « billet prime » que les « Grands Voyageurs » peuvent acheter avec leurs points, je me suis reporté au catalogue et aux conditions d’obtention des points.

Fidélité pas récompensée

En souscrivant à mon abonnement Fréquence, j’ai le plaisir de payer mes billets deux fois moins cher (en général) et du coup de collecter deux fois moins de points !
Je vais certes acquérir un bonus de presque 1000 points monnaie en achetant l’abonnement, mais c’est plutôt kif-kif pour un client lambda qui dépensera la même somme que moi en billets pour obtenir ce nombre de points.

bareme-grand-voyageur

Donc gros consommateur ou pas, vous êtes logé à la même enseigne, ce qui va largement à l’encontre de la pratique qui se généralise de récompenser les bons clients comme avec ma « Carte One » à la Fnac.

Soit, maintenant faisons quelques calculs…

Par ici la monnaie

Quand vous êtes grand voyageur, quelque soit le statut (« standard », « Plus » ou « Club », pas de différence sur la collecte de points. En moyenne 2 points par euro dépensé en billets.

Mes aller-retours les plus fréquents sont facturés 68 € (tarif Fréquence) ce qui me fait gagner 136 points monnaie par voyage.
Sur cette base, la SNCF propose des bons de réduction de 7€ sur les prochains billets moyennant 1400 points monnaie.

bons-reduction-gv

À la marge, il faut donc 100 trajets (6800 € dépensés pour 13600 points monnaie) afin d’obtenir un trajet offert (70 €). Heureusement les bons sont cumulables…

Ce qui fait à peine 1% de retour sur investissement…

Heureusement la SNCF ne me propose pas que des bons de réduction peu rentables, on peut acheter des articles pour « se faire plaisir » comme un iPod nano 16 Go.

Pour un iPod nano 16 Go à 179€ (tarif Apple Store), il faut cumuler 44500 points monnaie. Attention le calcul fait mal : à 2 points / euro dépensé, ça fait du 22250 € euros de billets de train ! En gros je dois voyager 327 fois pour écouter ma musique… Je confirme, les produits Apple sont chers, très chers. Encore plus à la SNCF.

Si je veux lire un journal, sans compter les délais d’acheminement je dois épargner 3700 points pour « Mon jardin & ma maison », vendu 4,50 € en kiosque. Ce qui nous met la centaine de pubs pages de papier glacé à 1850 € ou 27 voyages à Paris dans mon cas !

Il y a encore les cartes iTunes de 10 euros pour 1600 € de billets de train ou 6 mois de Deezer Premium en échange de 8300 € de voyages, etc…

Je vous l’accorde, ces calculs ne prennent pas en compte le fait que pendant ce temps j’aurai également profité du confort tout relatif des TGV pas mal entretenus.

Même la carte Fnac est plus rentable (entre 200 et 400 euros dépensés pour 10 euros de réduction) sans compter les réductions permanentes et occasionnelles, les cadeaux d’anniversaires et autres bonus avec un retour sur investissement de 2,5% au minimum !

SNCF, les amendes peu honorables

À la manière du loto, la SNCF s’amuse à placarder des affiches avec écrit « ici un perdant à 375€ ». Cette campagne prépare les voyageurs à la toute prochaine augmentation du montant des amendes et… de manière détournée aux critiques sur la rentabilité du TGV ?!

fraude-sncf

Sans compassion

Si les amendes subissent une énorme inflation, je doute fortement que les conditions d’application soient assouplies au passage…

J’ai beau avoir un abonnement Fréquence en règle à quelques centaines d’euros le semestre, quand les automates pour prendre un billet sont en panne et les guichets blindés par tous les voyageurs qui s’y reportent, si je monte dans le TGV sans billet, non sans avoir prévenu le contrôleur avant de m’installer, l’amende est appliquée. Plein pot.
Peu importe que la pochette de mon coupon Fréquence soit pleine d’anciens billets ou que je tente d’apporter la preuve par une photo des automates en panne, le contrôleur se fait un plaisir de majorer le tarif comme si j’étais un véritable fraudeur.

La SNCF répondra que le contrôleur ne fait que respecter les directives de son management, alors j’aimerais bien que la dame (du chemin) de fer m’explique pourquoi la semaine dernière un voyageur s’est fait offrir le trajet sur le bel argument qu’il « faisait le même boulot que le contrôleur » en présentant une carte de fonctionnaire de police et s’excusant platement de ne pas avoir eu le temps de faire un arrêt aux guichets…

Pour ma part, j’ai même eu le droit l’année dernière au moment de demander au contrôleur d’être clément (ne pas appliquer de majoration) que « les jeunes comme vous on les connaît ». Ah bon ? Des « jeunes » comme moi (c’est flatteur quand même) qui paient un abonnement à 600€ (en cours de validité au moment du contrôle) et lâchent près de 7000€ par an en billets de train ?

Une fois seulement sur 7 à 8 trajets où j’ai dû embarquer sans avoir le temps de prendre un billet, la contrôleuse a eu la gentillesse de ne pas appliquer de majoration.
Preuve s’il en est que la mise en oeuvre des consignes n’a rien d’obligatoire et se fait à la tête du client. La mienne ne doit pas leur revenir…

Compenser les manques

Je n’ai rien contre le fait que les fraudeurs soient punis. Bien au contraire. Ils empêchent toute entreprise de se développer. Mais plutôt que d’augmenter bêtement les amendes, ne serait-il déjà pas plus simple de faire le boulot de contrôle ?
Aujourd’hui, j’en suis à mon 23ème trajet de TGV sans avoir été contrôlé. Paris, Lyon, Avignon, Marseille… Je ne suis pas passé une fois ou deux à travers les mailles du filet, mais VINGT-TROIS FOIS. Sans me planquer dans les toilettes. Installé à ma place. Découvrant à l’occasion la joyeuse bande de contrôleurs en train de faire un tarot au bar (actuellement en grève) du TGV.

Donc la SNCF veut faire payer plus cher les mauvais comportements plutôt que de faire en sorte que ses employés fassent leur boulot ? Classe. Les fraudeurs financeront donc de nouveaux jeux de tarot aux contrôleurs.

Plus cher pour moins ?

Cela fait maintenant 6 ans que je prends le TGV au minimum une fois par semaine et que je vois les tarifs augmenter et la politique répressive se durcir, mais pour quel bénéfice pour l’usager ?

En tant que « Grand Voyageur Plus » et abonné Fréquence, nos avantages sont chaque année rognés un peu plus, à un rythme plus élevé que les tarifs n’augmentent.
Sans parler d’avantages pour les voyageurs, les services se dégradent à vitesse grand V avec par exemple la « garantie ponctualité » qui se fait un malin plaisir de renier ses engagements.

Par deux fois l’année dernière j’ai été accueilli en gare par des agents SNCF qui nous remettaient des enveloppes de remboursement car le train était en retard. Pas qu’un peu. Une heure et trois heures. Ces agents ne sortent de leur planque pour distribuer les formulaires de remboursement que quand le train accuse un retard qui met en jeu la garantie de ponctualité (plus de 30 minutes de retard).
Quelques semaines plus tard je reçois un courrier me répondant que « la garantie n’est pas applicable est à ce voyage ». Ah bon ? Essayez de portez réclamation par téléphone et vous découvrirez ce que c’est que de se foutre de la gueule du client. La SNCF est maîtresse en la matière.

Dernier exemple en date : samedi dernier, changement à Avignon. Le TGV est annoncé en retard car « coincé », avec un autre, derrière un premier TGV qui a subi des problèmes de signalisation. Comme un TGV n’en double pas un autre, j’ai presque une heure de retard ayant tout le loisir de danser sur le pont d’Avignon en entendant la voix annoncer que « ce retard étant imputable à la SNCF, la garantie ponctualité s’appliquerait ».
Arrivé à Marseille, dans le 3ème TGV de la file (donc pas celui responsable du retard), l’autre voix nous annonce que la garantie ponctualité ne concerne pas ce train. Tout autant en retard.

J’aimerais qu’on m’explique comment les trains qui suivent un train en retard « par la faute de la SNCF » ne peuvent pas être en retard autrement que par la faute de la SNCF !!!

Dégradation constante

Pendant ce temps les TGV accusent leur âge et sont tout juste propres, ce qui est inadmissible au regard des prix pratiqués. La SNCF a bien embauché des agents d’entretien qui passent dans les couloirs durant tout le voyage pour faire un « brin de ménage » pendant le trajet, mais ce n’est rien d’autre qu’un cache-misère.
En effet, aussi efficaces soient-ils pour polir l’inox des robinets, ils ne réparent pas les moquettes usées jusqu’à la corde, les fauteuils à la mousse affaissée (quand elle n’a pas été dépiautée par un voyageur indélicat), les lumières ou stores cassés.

Quand je mesure les progrès qu’ont fait les rames de métro parisiennes, ça fait mal de voir la majorité des TGV que je prends dans un tel état. Des trajets à 60 euros minimum l’aller-retour, à peine moins chers que de prendre l’autoroute pour un seul bénéfice : la rapidité.

Je pense que la situation n’est pas prête de s’arranger car la SNCF met les moyens pour déployer le haut-débit dans les TGV alors qu’on n’a même pas de prises électriques dans la plupart des trains ! Génial, je vais pouvoir surfer sur le web pendant le voyage et arriver à destination avec une batterie à plat après quelques heures dans des trains en mauvais état.

Et sinon, y a un moment où vous allez arrêter de nous prendre pour des vaches à lait ? À quand les pubs pour vanter les progrès en matière d’équipements et démontrer une véritable envie d’améliorer la situation ?

En attendant, tout ce que je peux ne pas payer à la SNCF, je le donne à Capitaine Train

Conception de la télévision

En plongeant dans les archives, je suis tombé sur des textes écrits dans les journaux d’école… Dont celui-ci, écrit par mes soins sous la forme d’un poème en avril 1990, soit il y a presque 25 ans à quelques semaines près… J’ai recompté plusieurs fois pour être sûr tellement ce texte me paraît encore actuel !

Conception de la télévision

La télévision est faite d’onomatopées
Que vos enfants vous ressassent à longueur de journée.
Les enfants ne sont plus éduqués
Par les romans familiers mais par des programmes télé
Qui les rendent timbrés.
La nouvelle génération vit de la télévision Vautrés par terre devant des émissions bidons.
Fini les livres passionnants,
Les contes de nos grand-parents !
Le problème est que les enfants ne sont jamais las
De ces feuilletons que vous n’aimez pas.
A mon goût, la télévision n’est pas une nourriture
Qui égale la littérature…

Nous en discutions hier avec Nathalie et mon avis sur la question n’a pas changé d’un iota !

Le texte original publié :

conception-television