Wire, messagerie sur le fil

Annoncée il y a quelques semaines comme « LA nouvelle messagerie instantanée conçue par les créateurs de Skype », Wire ressemble plus à un énième effet d’annonce qu’à l’alternative rêvée pour un Skype devenu lourd et pénible à utiliser.

Interface mal léchée

Ce qui saute aux yeux lorsque l’on lance Wire pour la première fois, c’est son interface épurée au design minimaliste.

Tous les éléments superflus ont disparu, tout est plat et finement dessiné. De prime abord, ce nouveau design est rafraîchissant, non sans rappeler les nouveaux codes de « material design » édictés par Google.

En théorie, une interface simplifiée est le signe d’une ergonomie réfléchie et pensée pour l’efficacité. Malheureusement, avec Wire, la simplification a été poussée un peu trop loin. Si loin que l’on en vient à chercher comment naviguer, tester à l’aveugle les « gestes classiques » et ne pas oser réaliser certaines actions….

À titre d’exemple concret, juste après l’installation. Jean-Christophe me dit regretter que l’on ne puisse pas simplement glisser une photo sur l’application pour l’ajouter au fil de discussion.
Dans les faits, ce n’est pas impossible, c’est juste peu évident. Si vous êtes habitué à Skype, vous seriez tenté de glisser votre photo dans la zone de rédaction. Avec Wire, cela ne fonctionne pas, c’est dans l’historique de conversation qu’il faut déposer le visuel. Ni logique ni intuitif.

En matière d’ergonomie, si on choisit de ne pas informer l’utilisateur (aide, tutoriel, etc), il est plus cohérent de bâtir une nouvelle expérience utilisateur sans renier trop violemment les habitudes de celui-ci. Sinon, ces frustrations constitueront un frein à l’adoption de l’outil et à la découverte de ses possibilités.

S’imposer sans se différencier ?

Si la popularité d’un outil n’est pas gage de sa qualité (Skype par exemple qui n’évolue pas dans le bon sens), la qualité de celui-ci n’est pas une garantie de succès et donc de popularité à long terme.
Encore plus aujourd’hui, s’imposer dans le domaine de la messagerie instantanée, s’avère un lourd défi compte tenu de l’offre et de l’évolution des usages.

Non sans défauts, FaceTime, et encore plus iMessage, ont commencé à prendre le pas sur les messageries historiques entre possesseurs d’appareils Apple. Pour enfoncer le clou, le « transfert de SMS » inauguré dans OS X « Yosemite » a ouvert la porte aux « discussions avec l’extérieur ».
Pour d’autres, « Facebook Messenger » est devenu la tour de contrôle de leurs conversations électroniques, intégrée au réseau social qu’ils utilisent au quotidien.

Alors pourquoi s’encombrer de nouveaux outils aux fonctionnalités identiques ? Si la plupart de vos discussions se font au travers d’une application en particulier, il est plus facile de convertir vos contacts à celle-ci, surtout si vous bénéficiez de l’argument qu’elle est parmi les plus utilisées !
Je reprends l’exemple de Skype qui est plus facile à « vendre » à un client ou un membre de la famille grâce à son interopérabilité et sa large base d’utilisateurs (encore plus depuis la fusion avec MSN Messenger !).

Dans ce cas, quelle place pour Wire qui, au contraire d’outils tels que Snapchat, n’a rien d’autre à offrir qu’une nouvelle interface ? Peut-on vraiment convaincre quelqu’un de créer un compte et d’installer une application (dans l’idéal sur plusieurs terminaux) avec le seul argument d’une « jolie interface » (largement perfectible encore) et aucune fonctionnalité novatrice ?

Il n’est pas dit que le fil lancé par Wire suffise à créer une véritable toile sans autres arguments à faire valoir à l’avenir…

Un commentaire

  1. urbanbike   •  

    Non, ne fait pas l’andouille (de Wire)…! Ne la coupe pas…!!

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