Monsieur le juge

Monsieur le Juge,

J’ai fait appel à vous en septembre 2010 quand, du jour au lendemain, Madame a décidé de partir vivre à 1000 km d’ici en emmenant ma fille. Vous avez statué “dans l’intérêt de l’enfant” en attribuant la garde à Madame qui ne s’en occupe pas tout en indiquant que si celle-ci quittait la région, la garde lui serait retirée.

Lorsqu’en décembre 2010, Madame ne m’a pas présenté ma fille pour mon second droit de visite et d’hébergement de vacances et qu’après enquête nous avons été informés, vous et moi, 5 jours après, que tout le monde avait déménagé à 1000 km de là, vous avez révisé votre jugement sans tenir compte de vos précédents écrits, m’attribuant un droit de visite et d’hébergement plutôt inédit compte tenu de la distance : un week-end par mois, même pas la totalité des vacances.

Monsieur le Juge, j’ai depuis respecté votre jugement et pris régulièrement, sans faillir, les rares “tours de garde” que vous m’avez attribués, pour le plus grand bonheur de ma fille.
J’avoue tout de même n’avoir jamais fait valoir mon droit de visite mensuel, considérant que faire 24H de trajet pour voir ma fille pendant moins de 48H dans un hôtel de sa nouvelle région n’était pas bien pour elle.
A chaque période de vacances, je prends une journée de “congés” ainsi qu’une nuit d’hôtel pour permettre à ma fille de voyager à des périodes respectant les horaires de repas et de repos dont a besoin une enfant de son âge. Depuis 2 ans, vous m’avez “obligé” à faire l’intégralité des trajets ainsi qu’à les prendre en charge financièrement.
Peu m’importent la fatigue et le coût, voir ma fille sourire et jouer à la maison reste un plaisir immense, aussi court soit-il : je mets à chaque fois mon travail en pause, pendant plusieurs jours ou semaines, pour me consacrer entièrement à ces rares instants de bonheur que vous m’avez autorisés.
Si je compte, j’ai le vertige : 18 semaines de “congés”, 67320 kilomètres de TGV, 15000 euros de transport et d’hôtel, 21000 euros de salaire “perdus” (je suis travailleur indépendant et ne suis donc pas payé pour tout le temps consacré à ma fille). Heureusement que quand on aime on ne compte pas…
A l’ère d’Internet et du téléphone, qui font largement partie de mon métier, il m’est impossible d’avoir des nouvelles de ma fille quand elle est absente (Madame me le refusant) alors, que par respect pour elle, sur le peu de temps que nous passons ensemble, je suis incapable de lui refuser de parler à sa maman.

Ma fille a 5 ans. Elle ne m’a jamais souhaité mon anniversaire, ni la fête des pères. En 3 ans de séparation je n’ai pas pu passer un seul Noël avec elle, sauf à considérer qu’un 25 décembre passé dans le TGV à la ramener chez elle soit un “Noël en famille”.

Il y a quelques semaines j’ai reçu “ordre” de Madame de fournir une copie des billets de train pour conserver mon droit de visite et d’hébergement, une règle inventée par elle-même, au mépris de votre jugment, qui aujourd’hui m’a coûté 1769,4 kilomètres de voiture pour finalement ne pouvoir rendre visite qu’aux services de Police, incapables de faire autre chose qu’entendre ma plainte et m’intimer de rentrer chez moi, sans ma fille, en attendant une réaction de votre part.

Entre temps, j’ai appris que, comme je n’exerçais pas mon droit de visite mensuel, Madame souhaitait réduire au maximum mon droit de visite et d’hébergement en me retirant encore la moitié de ce à quoi vous m’avez donné droit. Ainsi, je ferai toujours autant de kilomètres et de dépenses pour profiter toujours moins de ma fille.

Monsieur le Juge, qui allez devoir à nouveau statuer sur mon dossier dans les semaines à venir, j’ai quelques questions pour vous…

Monsieur le Juge, comment pouvez-vous rendre un jugement en n’écoutant que des avocats chargés de transmettre des dires et attestations sur l’honneur établis sans fondement, basés sur le mensonge et la mauvaise foi, sans même vous adresser aux parents de la petite fille concernée ?

Monsieur le Juge, comment pouvez-vous décider de retirer encore un peu plus sa fille à un père dévoué à respecter au mieux vos décisions et à profiter au maximum du peu que vous lui avez donné ?

Monsieur le Juge, où voyez-vous “l’intérêt de l’enfant” dans un tel éloignement (que vous réfutiez vous même), une réduction des droits de son père et l’absence de contacts imposée unilatéralement ?

Monsieur le Juge, pourquoi ne réagissez-vous pas face aux attestations mensongères et à la non-présentation d’enfant, deux actes passibles de sanctions pénales ?

Monsieur le Juge, estimez-vous normal de pousser un père à abandonner son enfant par vos décisions peu respectueuses des droits de tout parent et de l’intérêt de l’enfant mais surtout par la non application des termes de loi dont vous êtes l’un des représentants ?

Monsieur le Juge, cela fait aujourd’hui 49 jours que je n’ai pas pu parler à ma fille et que par la décision unilatérale de Madame ne pas respecter mes droits, je ne sais même pas quand je pourrai avoir de ses nouvelles…

Monsieur le Juge, je désire que vous preniez votre courage à deux mains pour annoncer de vive voix et les yeux dans les yeux à une petite fille de 5 ans, en âge de comprendre vos paroles, que vos décisions et motivations la conduisent à perdre irrémédiablement son père, fatigué, ruiné physiquement et moralement de tant d’efforts.

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