Une semaine avec un Lion

Lion

Cela fait maintenant quelques jours que Lion rugit sur tous mes Mac et il est temps de faire un petit bilan parfaitement subjectif et pas du tout exhaustif !

Le plein de nouveautés ?

Si Apple annonce plus de 250 nouveautés, je peine à en dénombrer autant ou alors elles paraissent si naturelles que cela ne saute pas aux yeux immédiatement. Effet marketing pour la plupart d’entre elles… mais voici une revue de quelques fonctionnalités qui m’ont marqué avec leurs bons côtés et les inévitables erreurs de jeunesse.

Le défilement « naturel »

Ce ne serait pas « du Apple » si cette nouvelle direction de défilement n’était pas activée « de force » et appelée prétentieusement « naturelle ». Avec une souris « classique », autant dire que c’est juste une aberration. Avec un trackpad, j’ai fait partie des nombreux râleurs des premiers jours mais je me suis tout de même décidé à laisser l’option activée, pour voir.
J’ai effectivement pesté pendant une journée et puis c’est devenu naturel, juste parfaitement logique. Surtout quand on passe de l’iPad au Mac en passant par l’iPhone avec une même application (Reeder par exemple).

En y regardant de plus près, en mettant les habitudes prises avec l’iPhone, il suffit de réfléchir au cas dans la vie de tous les jours : quand on glisse une feuille de notes sous son clavier, quel mouvement fait-on pour la faire « défiler » et lire ce qui se trouve caché ? Celui qu’Apple appelle, finalement assez justement, « naturel » ! Il faut juste réapprendre et s’habituer à cette uniformisation des interfaces !

Gesticulez devant votre Mac

Au premier abord, le panneau de préférences présentant les gestes paraît surchargé et on se demande comment tout retenir (un peu comme les tableaux de raccourcis-clavier à l’époque des premiers Photoshop). Mais ces gestes sont évidents et deviennent indispensables. Si bien que mon Magic Trackpad a migré de mon MacBook Pro vers mon Mac Pro mettant au rebut ma Logitech Performance MX flambant neuve…

Parmi mes préférés : le glissement horizontal dans Safari pour balayer l’historique et les accès aux différents « Spaces » et à Mission Control.

Note : il y a un bug qui fait que le glissement à quatre doigts pour changer de bureau ne fonctionne pas. Pour résoudre ce problème, il faut décocher toutes les cases du panneau de préférences puis les recocher.

Les applications en plein écran

Loin de m’attirer au début, cette idée d’une application en plein écran me sert beaucoup au final, que ce soit sur un portable ou une machine de bureau.
Le concept intéressant derrière ce mode « plein écran », c’est que l’application constitue un espace supplémentaire vers lequel on peut naviguer à quatre doigts, via Mission Control ou le classique « alt-Tab ». Mail, iTunes, Reeder se prêtent excellemment bien à cette utilisation.
Il y a tout de même quelques bémols :

  • Sur une configuration à multi-écrans, les autres restent gris. Impossible d’y placer une autre application en plein écran…
  • Avec des écrans de plus de 20″, l’intérêt d’utiliser une application telle que Safari en plein écran tient plus de la solution pour mal-voyants qu’autre chose !
  • Comme avec les précédentes versions de Spaces, on arrive quand même à se retrouver avec des palettes sur un autre écran que celui de l’application affichée en plein écran… et là, le basculement automatique vers la fenêtre principale devient juste une galère sans nom entre geste de balayage (ou raccourci-clavier) et changement via « alt-Tab ».

Launchpad

Si l’idée du lanceur à la sauce iPhone / iPad(e) est intéressante, la mise en pratique est juste catastrophique.

Mac OS X 10.7 indexe toutes les applications qu’il trouve dans le dossier éponyme et les répartit toutes tant bien que mal sur les écrans du Launchpad. Jusque là, tout va bien. Mais si on considère qu’indexer TOUTES les applications comprend également les « désinstalleurs » et autres plugins, cela devient ingérable. Le pire reste à venir : en appuyant sur « alt » il est possible de faire « gigoter » les icônes et de voir apparaître la croix de suppression bien connue d’iOS, cette dernière est absolument limitée aux applications installées via le Mac App Store.
Autant dire que du coup, le bénéfice de la chose est vite perdu devant les centaines d’icônes inamovibles ! Une Creative Suite CS4 représente pas moins de 25 icônes pour tout au plus 5 applications utiles…

Il reste évidemment la solution de créer des dossiers pour classer ces icônes gênantes comme on peut le faire sur iOS pour se débarrasser des applications livrées par Apple et qui ne servent jamais (Contacts, Bourse, YouTube, etc). C’est un moindre mal, mais cela nécessite de passer pas mal de temps à tout ranger pour pouvoir vraiment se servir de l’outil…

Launchpad sera un superbe outil pour un nouvel utilisateur de Mac qui n’a pas déjà une collection de logiciels achetés avant la naissance du Mac App Store, mais pour les autres, en attendant une prochaine évolution de l’utilitaire, c’est la galère !

Mission Control

Destinée à remplacer Dashboard, Exposé et Spaces, cette nouvelle application est à mon sens une évolution très intéressante car elle permet de rationaliser l’ensemble de ces outils et de faciliter leur utilisation en intégrant également les applications « plein écran » en tant qu’espace indépendant. Les gestes complètent idéalement la navigation au sein des espaces mais il est dommage que le déplacement au clavier entre les fenêtres et applications ne soit pas géré, cela aurait permis de gagner encore en productivité.
L’intégration de la fonction « Quick Look » est la bienvenue pour « zoomer » sur une fenêtre sans sortir de Mission Control ni basculer immédiatement vers l’application correspondante.

Exposé gagne un concept pratique : les fenêtres ouvertes de l’application sont présentées sous forme de miniatures (jusque là, rien de nouveau) mais au-dessous, on découvre en « mode CoverFlow » une sélection de documents repris à partir du dossier utilisateur. A voir si cela reste aussi génial avec un grand nombre de documents…

Un dernier regret : l’impossibilité de réorganiser manuellement les espaces si l’on souhaite ne pas se fier à la réorganisation automatique proposée par défaut.

Un nouveau Mail

Je n’ai jamais été client des logiciels comme Entourage et n’ai pas pris le courage de tester les alternatives telles que Sparrow tant Mail comble largement mes besoins quotidiens. La nouvelle version de Mail importe de l’iPad (et des logiciels concurrents) des solutions utiles telles que l’affichage en trois colonnes (liste des boîtes, liste des messages et messages), le mode « conversation » et une recherche intelligente encore plus efficace.

Le mode conversation est très agréable pour suivre un échange d’emails (à condition d’ajouter à l’affichage les messages envoyés) et s’avère vite indispensable.

Versions

A ma première utilisation de TextEdit sous Lion j’ai bien dû m’acharner trente secondes sur le « Cmd-Maj-S » pour tenter d’Enregistrer une copie de mon document. En vain. La notion « Enregistrer sous… » a purement et simplement disparu des applications compatibles (iWork, TextEdit pour le moment) tout comme le concept de sauvegarde d’un document.
Complètement déroutant au début, ce choix radical prend tout son sens avec le temps. Fred Cavazza y consacre un excellent article qui résume tout à fait ce que j’en pense.

Et le reste ?

Voici en vrac quelques changements notables, pas toujours réussis mais pour lesquels Apple corrigera les défauts au gré des mises à jour :

  • Finder : grand fan devant l’éternel de la navigation en colonnes, la possibilité de grouper les éléments listés par un critère au choix est pratique et accélère la lecture des listes de fichiers à rallonge. C’est une des seules nouveautés notable à mes yeux.
  • Safari : toujours aussi rapide et efficace, le navigateur gagne la fonction « Reading list » assez proche de ce que propose Instapaper sans pour autant le remplacer. J’attends toujours un champ de saisie unique pour les adresses comme pour la recherche, à l’instar de Google Chrome, infiniment plus efficace.
  • Spotlight : pas moins rapide l’outil de recherche global devient encore plus universel en proposant la recherche sur le web et sur Wikipedia et en ajoutant l’aperçu immédiat des documents via Quick Look.
  • iCal et Carnet d’adresses : on aime ou on déteste la nouvelle interface directement rapportée de l’iPad… mais cela ne met pas en danger l’efficacité de ces deux outils comparés à leurs cousins sous Windows (je viens de voir ma voisine de TGV faire le ménage dans ses contacts et rendez-vous sur son PC sous Windows 7 et j’avais mal pour elle au vu de la galère sans nom que cela semblait être…).
  • Auto-correction : si sur iOS la fonctionnalité fait râler, rire ou pleurer selon les conséquences qu’elle peut avoir, l’intégration à Mac OS X est plus pratique dans la mesure où l’on peut gérer les propositions aisément au clavier.

Adoptez un Lion à la maison, c’est plus facile à dompter qu’un chat

Il y a encore un grand nombre de nouveautés ou de changements que je n’ai pas abordés, certains parce que je n’y ai pas été confrontés, d’autres parce qu’ils ne m’ont pas marqué mais cela n’en fait pas moins que MacOS X Lion est pour moi une réussite pour plein de raisons : aucune différence de performance tant sur Mac Pro que sur MacBook Pro (pas des plus récents), une installation simplissime et sans douleur, un prix plus qu’abordable, aucun plantage à noter, …

Mac OS X Lion est une évolution naturelle et logique avec une savante intégration des meilleures idées d’iOS pour rapprocher les expériences utilisateur des produits Apple. Une réussite, pas exempte de quelques lourds défauts de jeunesse (Launchpad notamment) qui seront bien vite corrigés. Enfin, je l’espère…

Sources : Apple.com pour l’illustration des gestes, Mac OS X 10.7 (en anglais) sur mon MacBook Pro et fond d’écran « Lion » fourni par Apple dans Mac OS X.

2 comments

  1. arnaud   •  

    Ne pas oublier pour Safari: les favicons dans la bookmark bar toujours manquants …

    • Benoît   •  

      Je crains que cela ne réponde pas au critères de « design minimaliste » qu’Apple prétend appliquer partout…

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