Steve Jobs, à propos des DRM

Il est souvent reproché à Apple la fermeture de son sytème de DRM qui n’est pas assez « FairPlay » aux yeux de ceux qui rêvent d’une part du gros gateau de la musique numérique. On reproche aussi très régulièrement au leader actuel de ne pas s’exprimer sur ces sujets qui fâchent. Et bien, une fois n’est pas coutume, et Steve Jobs prend la parole dans un long document intitulé Toughts on Music.

Le patron d’Apple Inc. y fait un bref historique du pourquoi et du comment des DRM, expliquant que « c’est une condition imposée par les majors » et que le contrat qui lie l’iTunes Store à ces mêmes fournisseurs de musique impose « une surveillance constante des sécurités et une réparation rapide lors du cassage de la protection !

Toujours sur les DRM, Jobs marque rapidement un point dans le camp de ses détracteurs qui reprochent la fermeture de la protection FairPlay en précisant que « Microsoft et Sony, à l’instar d’Apple ont eux aussi conçu leur propre circuit fermé entre la musique achetée et le baladeur de l’utilisateur »… Et de rajouter que la moyenne de capacité des iPods vendus dans le monde atteint les 1000 titres, que ceux-ci sont le plus souvent presque pleins et qu’à peine 3% de la musique emmenée en balade a été achetée sur l’iTunes Store ! Pas de quoi vous « bloquer » à vie avec Apple pour quelques morceaux, quand les autres 97% ont été ajoutés de sources diverses telles que l’encodage direct ou quelques techniques peu recommandables.

Dans la suite (la partie la plus intéressante de la tirade) Steve Jobs envisage trois scénarios concernant l’avenir de la musique en ligne et des moyens de protection.

Premier scénario, continuer comme aujourd’hui avec quelques grandes plateformes (notamment Microsoft-Zune, Sony-Connect et Apple-iPod) et leurs lecteurs musicaux, toutes fermées les unes aux autres. Scénario facile, mais clairement peu à l’avantage des consommateurs

Seconde alternative, rapidement écartée : « Apple licencie FairPlay à ses concurrents » et assure la mise en place d’un standard. Même si sur le plan commercial, cette solution peut s’avérer alléchante, cela peut vite devenir un casse-tête pour Apple. En effet, Jobs refuse cette solution pour la simple et excellente raison, que « distribuer un système à plusieurs acteurs ne fait qu’amplifier les risques de cassage des protections », et qu’avec les contraintes imposées par les majors, Apple pourrait vite se transformer en plombier de la faille de DRM… Next one, so.

Dernière solution envisagée, déjà inaugurée par VirginMega et Fnac Music en France : « vendre de la musique libre de DRM ». Dans ce schéma idéal, le consommateur pourrait acheter sa musique sur l’iTunes Store et l’écouter sur son Zune et vice-versa. Toutes les plateformes abandonneraient leur écosystème privé pour le plus grand plaisir des consommateurs !

Steve Jobs enfonce le clou en rappelant que 90% de la musique vendue l’est sans le moindre DRM (CD non protégés et facilement encodés avec iTunes ou toute autre librairie musicale numérique), et que « les majors ne retirent aucun bénéfice particulier à vendre un faible pourcentage de leur catalogue en ligne », protégé par des DRM. Alors, qu’attendent-ils donc ? Et si, à vendre en ligne sans DRM, perte il y a, « celle-ci serait bien vite comblée par l’arrivée de nombreux acteurs tant au niveau des plateformes de distribution que des lecteurs multimédias » et une forte dynamisation du marché !

Toujours aussi frileux dans ses rapports avec le marché européen, Steve Jobs termine en indiquant que c’est en Europe que la plupart des problèmes autour des DRM se sont découverts et que ceux qui se battent pour qu’Apple (et les autres) ouvrent leurs protections, devraient plutôt « mettre leur énergie dans un combat avec les majors », pour la grande majorité d’origine… européenne…

Steve Jobs, et donc Apple, n’attend donc qu’une évolution des systèmes de licence pour vendre de la musique sans DRM… mais quand ?

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