(i)Mac intel les raisons de la colère

Annoncés avec grand bruit et une non moins grande avance sur le planning, les iMac à processeur Intel sont désormais livrés et disponibles.

Présentant au salon Solutions Linux les bien faits de la pomme dans le monde de l’Open Source, nous avons eu entre les mains quelques machines Intel non trafiquées (comprenez « en configuration d’origine, avec un système standard », contrairement aux machines présentées sur des salons tels que l’Apple Expo).

Aspect extérieur

Rien n’a changé, on retrouve la révision C de l’iMac G5 (ports à l’horizontale, lecteur de disques au centre, iSight intégrée, etc), toutes les nouveautés se situant à l’intérieur.

N’ayant pas pris le temps de m’exprimer sur la révision C de l’iMac, j’en profite pour faire part de mon incompréhension devant la disposition horizontale des ports USB, Firewire, etc… L’aligement vertical était tellement plus pratique d’accès !
De même, pourquoi avoir replacer le lecteur optique au centre ? Les clients avaient besoin d’un escabeau pour accéder à leurs disques ? C’était tellement plus esthétique…

Enfin, cela n’est qu’une affaire de goûts, revenons à notre mouton blanc.

Nouveaux coeurs, nouveaux heurts

La grande nouveauté réside donc dans l’installation d’un processeur Intel Core Duo (soit un Pentium M à double coeur, pour aller à l’essentiel). Ainsi on a presque le premier Mac grand public -virtuellement- bi-processeur. C’est une bonne nouvelle sur le papier, mais il faudra encore un peu de temps pour que toutes les applications soient adaptées à cette architecture « luxueuse ». Tout le monde ne fait pas joujou avec Photoshop à la maison le soir pour se détendre !

La transition est bien amenée… Qui dit nouveaux processeurs, dit nouvelle compilation des applications et introduction d’applications « universelles » (Universal Binaries, en anglais dans le texte). C’est là que le bat blesse ! Hormis les applications grand public (promis, j’ai rien contre !) telles qu’iLife ou iWork ’06 et quelques éditeurs de logiciels « en avance » (OmniGroup, Panic, …) le paysage logiciel ressemble un peu aux grands déserts Egyptiens.

Heureusement Apple présente Rosetta, l’émulateur miracle qui doit faire le pont entre les « vieilles » applications PowerPC et les nouveaux coeurs. Sur le papier, le produit est l’outil génial qui permet de faire tourner n’importe quoi sur les nouvelles machines Intel mais, dans la pratique il en est autrement ! Microsoft Office tourne de façon tout juste utilisable, Photoshop se lance mais je n’oserais pas en dire plus sous peine d’être désobligeant !
À la décharge d’Apple, les machines de test n’étaient équipées que de 512 Mo de RAM alors que Rosetta est annoncé « gourmand en mémoire vive ».

Terminons par les bons points : MacOS X est bien plus réactif, la carte vidéo de dernière génération semble être d’un grand secours dans tous les effets visuels (Exposé, CoreImage, …), les applications iLife sont vraiment rapides, très rapides. Autant que sur mon G5 Quad, ce qui, compte tenu de la différence de tarif au niveau équipement, est une excellente nouvelle !

Par contre, nous avons rencontré un bug sur toutes les machines, à jour avec la dernière build officielle de MacOS X 10.4.4 : au bout de quelques temps d’utilisation, l’iMac fige sans raison apparente pendant 5 à 10 secondes avant de redonner la main. Cela intervient à n’importe quel moment, de façon assez aléatoire : impossible de déterminer une démarche pour reproduire le bug. Pour un switcheur, cela peut faire peur et précipiter un appui sur le bouton d’extinction avant que le système n’aie redonné la main !

Processeur Intel ou PowerPC ?

Les futurs acquéreurs d’une machine Apple se retrouvent un peu pommés paumés, ne sachant sur quel pied danser : Core Duo ou G5 ? Pour ma part, le choix est clair : les machines à base de processeur Intel ne sont pas utilisables en environnement professionnel pour le moment car trop peu de logiciels sont universels, et l’émulation est de trop piètre qualité !

Cette réflexion est largement confortée par l’annonce d’Adobe de ne pas sortir de Creative Suite Universelle avant 12 à 18 mois !

J’hésitais entre un séduisant MacBook Pro et un PowerBook G4… depuis, commande est passée d’un PowerBook G4 qui, dans un cadre purement professionnel, aura encore de beaux jours devant lui ! De même, encore moins de regrets sur l’achat d’un Quad courant décembre !

Reste que l’iMac Core Duo est une merveilleuse machine, parfaitement adaptée à une utilisation familiale. Nul besoin d’hésiter ou d’attendre dans ce cadre, les logiciels sont là, les performances aussi ! Par contre, envisager l’achat de cette machine ou d’un MacBook Pro en ayant besoin de logiciels compilés PowerPC et dont l’universalisation est lointaine, est un pari sur la crise de nerfs productivité plutôt risqué !

3 commentaires

  1. mickael   •  

    merci Benoit, pour ce résumé, je ne me pose désormais plus trop de questions et tes recommandations me seront très utiles !

  2. Tournesol   •  

    Tout à fait d’accord ! Comme je le dis, la machine est décoiffante sous iLife et les quelques applications gourmandes compilés en UB ou Natives Intel… Il en va tout autrement avec les applis PowerPC…

    Je pourrais me passer de ma Creative Suite et d’une série de softs « PowerPC Only », j’aurais commandé ce bijou ! Mais acheter un portable à 2600 euros pour ne m’en servir que dans 12 à 18 mois, c’est assez risqué !

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